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<< Fabrication <<

La fabrication du couteau nécessite toujours, et ce malgré la mécanisation et l'automatisation de certaines tâches, un grand nombre d'opérations (ou rangs). Ces opérations peuvent être toutes pratiquées dans l'entreprise, mais également certaines d'entre elles sont effectuées dans des entreprises spécialisées (forges, traitements thermiques, traitements de surface...).
De plus, suivant le type de couteaux (fermant, professionnel, table) le processus de fabrication peut être différent. Aussi, nous n'allons décrire que les principales étapes.

Production de la lame ou ébauche :

  • Le tronçonnage : consiste à découper les barres d'acier à longueur donnée, on obtient ainsi un crampon (lopin), cette opération n'est effectuée que si la lame est forgée.
  • Le forgeage : mise en forme du métal à chaud (lame de couteau professionnel...) ou à froid (monobloc, ciseaux). Cette opération est suivie du détourage et du repassage qui permet de rendre la lame absolument droite à l'aide du marteau-pilon.
  • Le découpage : découpage sur presse de la lame dans une plaque d'acier.

    Le traitement thermique :

  • Le traitement thermique permet aux lames en acier d'acquérir la dureté nécessaire. La lame est soumise à deux séries de variation thermique.
  • La trempe : chauffage et refroidissement rapides qui durcissent le métal jusqu'à devenir cassant. La trempe a pour but d'accentuer les propriétés mécaniques d'un acier. Elle a donc pour effet, d'une part, d'augmenter la résistance à la rupture et la dureté, d'autre part de diminuer la résilience (faculté de déformation) et l'allongement. Aussi, existe-t-il différents procédés de trempe : froide ou ordinaire, demi-chaude, chaude, martensitique, bainitique ou encore sous atmosphère adaptée.
  • Le revenu : chauffage et refroidissement plus lents qui redonnent à la lame sa souplesse et permettent son usinage. " Cette opération homogénéise les structures et stabilise les propriétés mécaniques du métal. Plus généralement, elle tempère les effets de la trempe et la fragilité due à celle-ci en faisant apparaître les tensions internes ; cela a pour effet de diminuer la dureté et la résistance à la rupture et d'augmenter la résilience et l'allongement.
  • Le façonnage du tranchant : Il s'agit de donner à la lame le tranchant que l'on souhaite suivant le type de couteau.
  • Le dressage : effectué au marteau ou avec des machines spéciales, cette opération corrige les déformations subies pendant le traitement thermique, elle est seulement pratiquée pour certains articles professionnels de qualité.
  • L'émouture : opération très importante qui permet de rectifier les deux faces de la lame à l'aide de machines spéciales. Émoudre, c'est donner à l'acier de la lame la forme qui le rendra coupant. Ce travail mécanique est principalement exécuté de nos jours par des machines, de gros " lapidaires " équipés de meules en matériaux de synthèse qui enlèvent le métal sur les flancs de la lame afin de l'amener à son épaisseur quasi définitive. Cette opération requiert une grande attention de la part de l'exécutant : le défilement de la meule, ainsi que la pression exercée peuvent changer considérablement la qualité du tranchant, faisant apparaître ce que l'on appelle dans le langage professionnel des " tapures " d'émouture, ou points de surchauffe du métal, qui entraînent la formation de micro-criques très néfastes pour la qualité de la coupe.
  • Le crantage : permet la réalisation de la denture ou de la micro-denture des lames. Peut s'effectuer sur une seule face ou sur les deux faces ( meilleur tranchant).

    La finition de la lame donne lieu à plusieurs opérations :

  • Le polissage et l'émerissage : permettent, en utilisant des grains abrasifs de plus en plus fins, d'obtenir le poli désiré : poli mat, poli satin, poli miroir. On utilise généralement des outils spéciaux (polissoirs). On peut également, pour cette opération, faire appel à la tribofinition.
  • L'affûtage : donne à la lame son tranchant définitif.
  • Le lavage et le dégraissage : se pratiquent dans des solutions alcalines ou avec des solvants.
  • L'essuyage : se pratique au chiffon afin d'assurer une présentation parfaite.
  • Le marquage : à la frappe avant la trempe, ou électrolytique, sérigraphique, ou par étincelage, ou au laser.

    Le montage :
    Cette opération a lieu généralement après l'émouture, il s'agit d'assembler les pièces (couteaux fermants) ou de monter les lames sur les manches, qui ont été, soit emboutis et découpés (manche métal), injectés ou usinés (plastiques) ou façonnés (bois, corne, ivoire). Suivant le type de couteaux et de matériaux utilisés, on effectue, pour le montage du manche :

  • Le rivetage qui souvent a fait place au clipsage.
  • Le surmoulage.
  • Le collage.
  • La soudure, quelques fois par ultrason.

    L'emballage :
    Suivant le produit et le circuit de distribution, le produit est, soit emballé dans un papier spécial très fin, soit placé sous blister, soit présenté en coffret, écrin ou boite.



  • Le choix du signe

    Si l'examen des matrices de dépôt en plomb, en argent, en étain, selon les époques est indispensable, il ne saurait être suffisant.

    L'identification d'une marque est rendue malaisée par la petitesse du signe, l'imperfection de la percussion en creux, le schématisme ou le symbolisme de beaucoup d'empreintes. Les actes notariés portant sur des ventes de marques entre particuliers sont intéressants en ce qu'ils contiennent la définition de la marque, son impression en marge de l'acte (à l'encre ou au noir de fumée), ses propriétaires successifs, la date de mutation, la valeur ou prix de vente, elle-même fonction d'un volume de production et d'une notoriété supposée.

    Variété des signes
    Gustave Saint-Joanny, dépouillant environ 300 actes notariés établis entre 1597 et 1750, nous permet d'avoir une bonne idée du stock de marques pour l'époque considérée.
    On peut distinguer par ordre d'importance numérique :

    • des objets domestiques, des ustensiles de la vie quotidienne : la fourchette, le chandelier, le landier, la corbeille, le soulier percé.
    • des lettres de l'alphabet en de nombreuses variantes : grandes ou petites, caractères romains ou italiens, lettres doublées, couplées, superposées, couronnées.
    • des signes héraldiques, des allégories ou des symboles : la petite hermine, le sceptre, le petit monde rayonné, la main de justice, les armes de Bâle, les armoiries de Barcelone, la croix de Lorraine.
    • des chiffres ou nombres : le 55, le 101, le 102, le 69.
    • des outils de métiers ou instruments aratoires : rabot, tranchet, araire, coudière, scie, tenaille, faucille, moulin à vent, faux.
    • des signes militaires : hallebarde, trou de la canonnière, le chien d'arquebuse, l'épée royale, la molette d'éperon, le fleuret.
    • des produits de coutellerie : coutelas, poignard, tranchet, cuillers, le manche de couteau.
    • des figures de carte à jouer : carreau pauvre, as de pique couronné, cœur renversé, trèfle.
    • des signes végétaux : bâton d'épine, feuille de chêne, le gland de chêne, la fleur du soucy, la rose.
    • des thèmes religieux ou mythologiques : calice, chapelet, " Bacchus assis sur un poinson (= tonneau) ayant en main une bouteille et un verre ".
    • des sujets animaux : furette, escargot, le vit de chien, le bois de cerf, l'oiseau sur la branche.
    • des instruments de musique : violon.
    • des signes astronomiques : étoile, soleil, lune.

    Cet inventaire donne des indications générales et ne constitue nullement une typologie.

    L'apparition du nom de fabricant
    A partir du XIX° siècle, on voit émerger le patronyme du fabricant. A ceci plusieurs raisons :

    • l'insuffisance de lisibilité des signes empreints. En 1739, le subdélégué de Thiers avoue son embarras devant la ressemblance du " bâton royal " et du " bâton de la Vierge " ; la " flèche " et " la petite lance " ; la " palme " et la " branche pointue ", etc .
    • le développement de l'instruction qui permet à de nombreuses personnes de signer au moins leur nom et, pourquoi pas, déchiffrer un nom de fabricant.
    • l'affirmation de l'individualisme du fabricant dans un monde qui vient de se libérer de la tutelle contraignante des corporations.
    La panoplie actuelle
    Plusieurs possibilités se présentent au XX° siècle :
    • le signe se maintient seul, quel que soit le propriétaire de la marque. On suit ainsi " la branche de ciseaux " de 1643 à nos jours à travers les différents actes notariés .
    • le signe s'adjoint un nom : 32 et Dumas ; 55 et Sauzedde Angély.
    • le nom apparaît seul.
    Le stock de marques s'est considérablement accru par rapport aux siècles précédents. Un simple dépouillement du fichier des marques C.C.I. ou des dépôts de marques au greffe du tribunal de commerce donne le vertige. La marque n'est plus un signe appelé à défier le temps, elle devient le reflet du moment vécu en incorporant l'histoire, la géographie, les sciences et les techniques. Elle est aussi, de plus en plus, un vecteur commercial visant une clientèle donnée.



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